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De la révolution en littérature  posté le mercredi 13 février 2008 19:46


Passer en revue le blabla noir sur blanc. Je les vois parler de cette littérature que j'aime, avec ce même dédain pourri de quand j'avais seize ans. Dix ans plus tard, même pas le yota atteint, j’ai beau checker l’alentour je vois rien dans ce qu’ils estiment être les hautes sphères culturelles qui ressemble à autre chose, rien que les mêmes panoplies de blaireaux grandiloquents, dézinguant les nouveaux codes, pores suintant une sorte de souveraineté sénile. Ça flaire bon le connard ventripotent, djembé nombrilistique qui claque le rythme de ce qu’ils estiment être de bon ton. Un tam tam de conneries. On connaît la chanson.

Surtout, oublier la flexibilité liée aux mutations culturelles, s’accrocher vaille que vaille à cette France des lumières, noble et prestigieuse, continuer cet éclairage classieux à l’obsolète chandelle, quand sous les toits du peuple on s’éclaire pour deux sous à l’électricité. Vaste fumisterie.

Voyons le portrait robot. Son stylo un métronome létal, agité sur un papier où il est simple de prendre droit de vie ou de mort. Le cheveu est gras, l’haleine chargée de relents aigres. Se débattent dans l’intestin de bons repas en sauce dilués dans du bordeaux, confort tranquille et gras du bonhomme dont les mots d’esprits semés vise une récolte immédiate. Ses études sont prétexte à certitudes masturbatoires. Son appart est poussiéreux, comprendre par là qu’il a « du cachet », les piles de livres qui craquent les étagères structurent parfaitement l’esprit étriqué et chiant, le mental tout autant. L’intellect se veut exigeant et poussé, en vrai exigé et poussif. Système de valeurs impossible à redéfinir, sinon tout tombe et ce n’est pas concevable. L’odeur de renfermé vient de l’intérieur, aucune fenêtre ne s’ouvre que pour déverser cette bile de peine à jouir. Rien ne s’aère. Au fond du slip blanc cotonneux, probablement, la matière première de ses feuillets, petits filets de merde efficaces et discrets. Ce soir, comme d’autres soirs, gargarismes crasseux, de comment monsieur pense bien et de la bonne façon, de comment son avis sur tout est le meilleur à suivre, et ses lecteurs pour lui rien que des veaux dont il tend à faire une éducation propre et scolaire. Il malmène la littérature, comme sans doute il malmène sa femme, la serrant à l’étouffement pour empêcher l’envergure, l’écoutant d’une oreille, surtout ne pas en considérer l’élan, vouloir qu’elle n’existe pas au-delà de ses frontières d’homme blanc occidental issu de bonne famille. Son taf dans un journal, il s’y accroche comme à son zguegue, le petit peu de pouvoir qui lui permet encore de baiser crânement.

Avec lui, comme des hordes, armée glaireuse de vieux cons, enchevêtrements de cadavres qui ne ressentent plus rien, juste prompt à se gaver du viagra littéraire dont ils connaissent si bien la composition : archaïsme, académisme, hermétisme à l’énergie populaire. Le même tartare de dinosaure dont il recouvre leurs petits fours dans les soirées cocktails ronflantes en se tapotant le dos comme de gros bébés roteurs. Rien ne les fait plus bander que les noms d’auteurs morts, ou les petites chattes renouvelées qui s’alternent dans leurs fantaisies ploucs. Une armée qui n’avance pas, reste bien immobile, espérant que rien ne change, que rien ne bouge. Préserver les acquis, intellectuels et matériels, surtout empêcher la littérature de s’émanciper et de bousculer leur savoir si précieux, vital à leur bon train de vie. La maintenir dans le pieu, par des articles suintants de supériorité, critiques déconstructrices, annonce d’une mort imminente du roman français, c’est juste en coudre les lèvres, en miner les contours.

Et que tout va bien, dans cette France là, sclérosée et pesante, inapte à la transformation déjà diluée dans sa sève. C’est eux qui vous le disent. Des connards de salon, installés et sereins face à la masse domptée du peuple dont ils s’estiment les garants. Face à l'intelligentzia bourgeoise, écrire semble être devenu un acte de lutte populaire, acte de résistance face à une pensée culturelle patriarcale et autoritaire, uniforme et frigide. Une forme digne de révolution.   

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Tous les commentaires liés à l'article : De la révolution en littérature

  • Alexis a posté :vendredi 22 février 2008 11:16

    Waow, tu m'avais prévenu, je me suis quand même pris une tarte magistrale. La colère te va fort bien et t'inspire de belles images (superbe djembé nombrilistique) !
    Ca donne très envie de lire ton bouquin -et tes autres notes.
    Continue!
    Alexis.

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